J'aime les sensations froides. Pas fortes. Juste. Des sensations qui vous glacent l'épiderme. J'aime me lever le matin et sentir le sol gelé sous mes pieds. J'aimerai pouvoir écrire de magnifiques textes. Te faire sentir ma haine,ma douleur ou ma joie. Mon manque quand il part,ma haine quand il crie,mes larmes quand tout s'amenuise. Mais les mots sont vides. Les mots sont tristes et sordides,coule sous mes doigts et brûlent les pages de mon cahier. Brûlent mon visage tout autant que le froid détruit mes pieds. 
Nue sur la banquise j'attends que le vent l'emporte sur mon corps lâche et désespéré. Emplie de joie sous un ciel détruit,marqué,d'une lueur sombre et décharnée. Dans mon corps se tient une lutte. Entre un courant froid et un rayon de soleil. Entre la mer et le feu. Entre toi et moi. Cet infime espace. Ce point où tout disparaît. Je l'ai déjà atteint. Ce moment où tu n'as plus mal,plus peur,où tu es assez suffisante,où tu ne t'exprimes plus. Je ne crois pas qu'on ai plus mal a ce moment là. La souffrance est juste tellement grande qu'elle domine tout. Comme le langage domine la pensée. Comme la peur domine mes nuits. Trop de peurs mêlées a une once de bonheur. Des rires pleins d'acide qui se secouent,là,sur le sol. Des rires noyées de larmes et de gouttes de sang sur le sol de la salle de bain,dans le couloir,sur les murs. Le sang d'une ère perdue. D'une crainte inachevée. Crainte d'être là en étant absente. J'ai peur. Je hurle. J'ai peur de tout,de tout le monde. Chaque petite personne,aussi microscopique qu'elle soit. 
J'ai tellement de haine si tu savais. Tellement de colère qui bouillonne dans mon ventre,dans ce petit corps,dans cette grande chambre. Cette haine contre tout est tellement pathétique. Tellement adolescente que j'en ai honte. Mais après tout peut être qu'elle solidifie l'être larvé en mon sein. Elle lui donne un bon coup de pied. Et la larve se rétracte. Cette larve terrifiée,de trop. Affamée. Et tremblante dans son carcan de brumes. De tristesse. Et d'un amour oublié dans les dunes.