ducky

 

 

J’m’appellerai Louise, j’aurai 26 ans, je serai devenue ce genre de parisienne intenable, au volant de sa mini contre ces roumains qui viennent te faire les carreaux au premier feu rouge. J’aurai enfin eu mon poste de directrice com’ chez Hermes et j’aurai monté en parallèle ma boite de design. Tranquillement. J’aurai eu un gosse, avec un mari formidable. On aurait étés tous les deux imbus de nous même à l’extrême et à nous deux on aurait crée notre modestie. Lui en quête de succès, moi en voulant toujours plus. Un peu bagarreur, mais plutôt au niveau des idées. On aurait dominé la terre entière sur du David Bowie, bougés au quatre coins du monde partageant nos drôles de passions. On aurait enfermé notre passé dans une boite à notre mariage, dans un beau mas en Provence. On aurait été anti-conformistes, beaux, jeunes et complètement cons, le genre de couple que vous haïssez tant leur osmose vous étouffe. On aurait voté à droite pour protéger notre petite fortune parce qu’on serait devenu de petits bobos parisiens, légumes bios et jouet en bois. Dans leur grand appartement haussmannien, a faire l’amour dans l’ascenseur. Notre fils aurait été excellent, un peu étrange, à l’image de ses parents. Il nous en aurait voulu à l’adolescence de ne pas être des parents comme les autres, avec une mère sous anti-dépresseurs et un père pas souvent là. Il aurait remis notre couple en question, avale la pente mon cœur, et, au moment de casser ce magnifique vase que ma mère nous aurait offerts, on décidera de tout plaquer. Petits bobos de 45 ans, pull en cashmere et murs lilas, qui se taillent en Inde ouvrir leurs chakras. Notre fils aurait grandi, maîtrise d’archi, femme belle à tomber. A la place, nous on aurait pris un chien.

 

Et ce serait retirés dans notre maison en bord de mer a Cabourg, ou ou tu voudras mon amour, qu’on s’éteindra, parce que moi, moi j’veux crever avec toi.