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Nerval écrivait « Ecrire c’est se souvenir ». Se souvenir de quoi ? Se souvenir c’est obligatoirement se pousser à des réflexions. Se forcer, fouiller sa mémoire, son esprit. Au final on se souvient donc on se questionne. Est-ce que tout ce bonheur est éphémère ? Vivra-t-on les mêmes moments plus tard ? Pas forcément dû aux mêmes choses mais au même « taux ». Et maintenant quoi ?

 

C’est affreux d’être entourée d’air et pourtant avoir l’impression d’étouffer. J’ai une fois comparé ma vie à un acte sexuel. Des périodes d’abstinence puis l’orgasme, si tu l’atteins.

Parfois on pense que quelque chose nous rendra instantanément heureux, or non. Il y a toujours une déception. Ca ne fonctionne pas. Orgasme et bonheur avorté. Vivre un avortement permanent.

 

Ces temps-ci j’ai une certaine fascination pour les drogues. Non pas que j’en use. J’essaie de comprendre pourquoi, à vrai dire. Pourquoi devient-on accro à quelque chose que l’on parfaitement nocif pour notre organisme. Dans le roman que je lis actuellement, il explique que c’est quand on a tout, finalement, qu’on touche à la drogue ; on cherche quelque chose pour se détruire. Les Hommes se plaignent de ne pas être heureux, et, dès qu’ils trouvent l’équilibre précaire entre leur mélancolie passée et leur douce hystérie, ils découvrent quelque chose qui détruit tout. Et qui les fait tomber en Enfer.

 

Finalement j’ai perdu foi en l’Homme. Les jeunes, les vieux, les sages, les voyous. Tous me déçoivent. On me déçoit. Et sans arrêt je me pose des questions qui se heurtent à des murs de silence.

 

Quel serait le bruit si tous les os du squelette se brisaient d’un coup ? Qui à crée les océans et les terres brûlées ? Peut-on véritablement mourir de chagrin ?

 

Est-ce que l’homme est voué à la déchéance ?

 

Je voudrais rencontrer le héros de Mes illusions donnent sur la cour. J’ai toujours rêvé de personnes qui n’existaient pas, posséder ce qu’on ne peut pas posséder.

Il parait que, quand on fixe une étoile très longtemps, tout fini par disparaitre autour. J’ai fait le test, à la plage. Non pas sur des étoiles mais sur des nuages. Les nuages sont tout aussi beau, quoi qu’un peut plus saugrenus. Cependant je n’ai pas pu me concentrer sur un seul nuage.

 

Finalement je crois que je rejoindrai un point de vue. Une sensation que peu de gens peuvent ressentir. Une douleur que l’on qualifierait finalement de permanente. Comme un coup de poing dans le ventre quotidien. On traine une douleur, logée bien au creux de son estomac. Et même si on semble heureux on a toujours mal. On a mal du passé, mal du présent, mal du futur. On a mal de tout. Je pense particulièrement à un garçon en disant ça, Nicolas. Nicolas, j’le connais pas tant que ça, mais c’est perceptible quand on lui parle qu’il souffre tout autant. Nicolas a perdu comme moi, foi en ce qu’on appellerait couramment le bonheur ; Quoi que j’ai plutôt perdu foi en l’Homme.

 

On associe ce genre de tristesse à un coup de blues adolescent, le pré-pubère type mal dans sa peau, en rage contre le monde et la terre entière mais qui n’a véritablement pas de soucis majeurs. Moi non plus, me direz vous, je n’ai pas de problèmes majeurs. Je suis qu’une petite conne derrière son écran qui écrit son malaise face au nuage et à la lourde pesanteur du monde. Je n’ai qu’à la fermer, hein. Idiote qui crache sa fumée de clope cachée derrière sa mèche de cheveux blondie par le soleil.

 

Idiote bien seule qui se sait entourée.